vendredi 12 mars 2010
inauguration de l'association WA TID SAOU
Par charlotte, vendredi 12 mars 2010 à 10:45 :: Infos citevents.tv - Loisirs
Artiste présenté dans le cadre de la Ouagassession cette année, Auguste Ouédraogo est aussi chorégraphe sur le projet d'opéra franco-wolof "LEENA" initié et réalisé par MC2a. Il a donc tout naturellement choisi d'inaugurer son association "Wa tid Saou" vendredi 19 mars à 19h au sein des murs de MC2a (MC2a-Porte44, rue du Faubourg des Arts).

"WA TID SAOU". Ces trois mots sonnent comme une invitation. Pour Auguste Ouédraogo et Bienvenue Bazié, chorégraphes et danseurs burkinabè, Wa tid saou, "Allons danser", résulte de 15 ans de pratique et de passion pour la danse contemporaine. Cette inauguration à Migrations culturelles aquitaine afriques n'est pas anodine. Elle témoigne d'une volonté de fédérer des initiatives et préoccupations partagées dans un tissu social, culturel et artistique commun.
« En cette période difficile où la culture et ses acteurs sont malmenés par des facteurs de l'économie en perpétuel rebondissement, nous osons croire que l'économie n'est qu'un moyen et que le fait d'exercer un art est un besoin vital pour exister. Créer une association aujourd'hui, c'est soutenir et croire à une nouvelle réalisation artistique personnelle qui rejaillira certainement par ses actions sur la communauté dans laquelle elle existera. Animés d'engagements incessants nous comptons agir, apporter de part notre art, un éveil des consciences ainsi qu'un rapprochement des individus. Nous proposerons bientôt des activités autour desquelles nous nous retrouverons. »
AU PROGRAMME ...
Présentation de l’association WA TID SAOU et du travail engagé par Auguste Ouédraogo et Bienvenue Bazié, fondateurs de la Compagnie Auguste-Bienvenue.
Projection de courts films consacrés aux créations de la Compagnie Auguste-Bienvenue.
Causerie animée par Dragoss OUÉDRAOGO : « Etats des lieux des danses contemporaines ».
Le projet artistique "Wa tid saou" tend une passerelle entre les territoires et la pratique artistique. Fait d'allers et retours, il est pensé comme un cercle ouvert, une sorte de mandala qui rassemble divers univers culturels, artistiques et sociaux. Il s'agit d'une tentative pour capter la source probable de quelques signes primordiaux de notre relation au monde. A la démarche artistique et pédagogique se lient les perspectives d'un projet social.
Wa tid saou se donne pour objectifs :
- la création et la diffusion d'oeuvres, notamment dans le domaine du spectacles d'art vivant.
- porter à la connaissance et mettre en valeur la culture africaine par le biais de la danse, de la musique, ...
- initier des rencontre et inciter à la découverte par les échanges culturels et artistiques
- promouvoir l'"éveil culturel" par la formation et la sensibilisation
- la formation auprès des danseurs amateurs et professionnels
L'EQUIPE DE WA TID SAOU
Président: Dragoss Ouédraogo
Trésorière: Perrine Fifadji
Directeurs artistiques : Auguste Ouédraogo et Bienvenue Bazié
AUGUSTE OUEDRAOGO

Né le 20 Octobre 1979 à Ouagadougou au Burkina Faso, il intègre la troupe Le Bourgeon du Burkina en 1993 où il reçoit jusqu'en 2000 une formation en danse, théâtre, conte et musique. Suite à cette formation de base, il prend part à plusieurs ateliers de danse au Burkina et à l’étranger. Au Burkina Faso, il participe entre 1996 et 2001 aux stages de formation proposés par le Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou avec des Chorégraphes comme Christophe CHELEUX, Robert SEYFRIED, Salia SANOU, Seydou BORO... Il participe également aux formations données par Opiyo OKACH, Xavier LOT et Angelin PRELJOCA à l’occasion des éditions 2002, 2003 et 2005 du Festival Dialogue de corps à Ouagadougou. A l’étranger, il est invité successivement aux ateliers du Monde de 2001 et 2002 lors des 21ème et 22ème Festival Montpellier Danse. Dans la foulée, il rejoint en août et septembre 2002 Claude BRUMACHON et Benjamin LAMARCHE au Centre Chorégraphique de Nantes pour le stage international de danse (Laboratoire de Création). En 2000 avec ses complices Wilfried SOULY et Olivier TARPAGA ils créent la Compagnie Tã, devenue Art’Dév/Compagnie Auguste-Bienvenue en 2007. Il assiste Bienvenue BAZIE dans la reprise de Tin souk ka (Au milieu d'ici) en 2005. En outre, Auguste a collaboré à la création de plusieurs spectacles : le défilé Chorégraphique Kôyan Kôté (2000) chorégraphié par Salia SANOU, Seydou BORO et Cyril VIALLON, Transpace (2002) avec la Compagnie DIT de Robert SEYFRIED, Toupie or not toupie (2006). En tant que chorégraphe, il est l’auteur de plusieurs pièces, à savoir : le solo Kuum (Mort, 2001), Bùudu (Au Milieu d’ici, 2002) le Duo Sèg Sègbo (2004) avec la collaboration de Hind BENALI,), et Traces (2007), réalisé avec l’assistance de Bienvenue BAZIE et la collaboration de Jacques PIBOT, Liliane MAURIN et Jean CHAZY de l’Association des plasticiens le Génie de la Bastille de Paris.
BIENVENUE BAZIE

Né le 29 janvier 1980 à Didyr dans la province du Sanguié au Burkina Faso, il intègre la troupe polyvalente et artistique le Bourgeon du Burkina en 1993 où il suit une formation en danse, théâtre, conte et musique. Hormis cette formation au sein du Bourgeon, il prend part à des stages et ateliers de formation avec des chorégraphes burkinabé comme Salia SANOU et Seydou BORO et des chorégraphes européens tels que Claude BRUMACHON, Benjamin LAMARCHE, Mattéo MOLLES, Xavier LOT, Eric MEZINO, etc. En 2002, il intègre la compagnie kongo Bâ Teria au sein de laquelle il danse dans des spectacles comme Frères sans stèles, Vin nem, et Nagtaba, fruit de la collaboration de Kongo Bâ Teria et la compagnie Tché Tché d’Abidjan. La même année, il réalise avec la Compagnie Tã le spectacle Bûudu, chorégraphié par Auguste OUEDRAOGO dont il est l’assistant. En septembre 2004 il collabore avec la compagnie ULAL DTO de Xavier Lot, et interprète le solo Welcome to Bienvenue. En 2006, la collaboration continue dans le cadre du Duo Derrière les Mur/murs. En 2005, assisté d’Auguste OUEDRAOGO et de Wilfried SOULY, il décide de reprendre la première pièce de la compagnie Tin Souk Ka. Il assiste Auguste OUEDRAGO dans la création de Traces en 2007, un spectacle Danse-Arts Plastiques réalisé avec la collaboration de l’Association des plasticiens le Génie de la Bastille de Paris. Il joue en 2008 dans le duo « Etrange étranger », chorégraphié par Jean-Claude PANBE WAYAK. En janvier 2009, il lance, Auguste OUEDRAOGO, la 1ère édition du projet « Engagement Féminin », qui vise à favoriser l’émergence et l’engagement d’une génération de danseuses dans la sous-région ouest-africaine à travers la formation, la création et la diffusion.
CREATIONS
BÛUDU

Bûudu signifie en langue traditionnelle Moaga, la Famille, la Communauté, l’Ethnie et le Peuple. Bûudu est un hommage à la vie. C’est le regard critique d’un peuple sur ses mythes, ses coutumes et ses croyances. Le regard critique du temps qui s’écoule doucement sans changement apparent. L’appréhension d’une colère grandissante que l’on sent venir lentement, sans éclat, mais menaçante. Bûudu est le constat du lourd héritage de la tradition, ainsi que le constat du temps imparti au changement. La lenteur du geste, la symétrie des corps, l’intensité des silences donnent à la danse toute sa gravité. L’obligation de préserver l’uni pour exister. Et la nécessité de devoir rester unis pour témoigner. Bûudu doit être la réflexion de mon peuple sur ce qu’il fut, sur ce qu’il est, avant de penser à ce qu’il doive devenir. J’ai voulu parler de Bûudu, je dirais plutôt nous avons voulu danser Bûudu, pour vous permettre de partager et de nous accompagner un instant dans cette aventure humaine passionnante et forte en émotions.
TIN SOUK KA

L’homme, quelques fois par envie, dans le besoin, la nécessité, se déplace, change de milieux, d’horizons pour la réalisation de certains de ses rêves. Quelques fois ignorant, mais rempli de courage et d’envie, ses pas empruntent une direction ; Laquelle ? Celle à sens unique ? Celle à double sens ? Quel résultat ? Nous vivons sur une surface où le changement d’un point nécessite une adaptation aux conditions sur place, d’où l’obligeance de faire pression sur soi-même afin d’amortir celle qui descend sur nous. Tin Souk Ka (au milieu d’ici), traitant le thème de l’exil, du mépris et de l’exclusion, nous oblige à calculer, à peser nos pas et de savoir où poser le pied. Que dire sur l’homme de la brousse ? L’homme des grandes villes ? La race ? Le pays ? La civilisation ? N’est ce pas en faisant tomber certaines barrières qu’un peuple révèle sa propre nature ?
TRACES

Traces … Nous travaillons sur de la matière afin d’écrire, de laisser et laisser découvrir des traces. La plupart de nos mouvements laissent des traces, mais ils ne restent pas tous visibles à l’oeil nu. Nos mouvements traversent l’espace, l’occupent sans forcément laisser d’empruntes mais laissent généralement entrevoir un chemin dont on peut se souvenir. L’énergie, la douceur que nous pouvons avoir, les caresses ou les coups que nous pouvons donner ou recevoir quelque part dans l’espace laissent-ils des marques visibles ? Si toutes ces traces étaient visibles, quelle écriture se révélerait à nos yeux ? Avec et sur quelle matière ? La démarche de tout danseur ne serait-elle pas d’avoir une écriture chorégraphique gravée sur le plancher ? Visible pour être lue comme un livre ouvert ?
TOURMENTS NOIRS

Tourments Noirs est un solo d’Auguste Ouedraogo qui s’inspire des discours de Thomas Sankara pour poser la question de l’identité de l’Homme Noir dans un contexte mondialisé, ainsi que de l’épineuse question du développement de l’Afrique. Rester soi-même ou tout renier pour intégrer l’inconnu ? Que faire pour redonner à l’Homme Noir sa place au sein des peuples de la planète ? Que faire pour permettre à l’Afrique de prendre le chemin du développement ? Voilà bien des questions qui fâchent, qui inquiètent… qui tourmentent ! Ce qui est sûr, nous dit Sankara, « …nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne. » C’est aussi la seule et unique façon d’évoluer vers un mieux-être des peuples africains, vers un développement durable du continent africain. Dans ce solo, les discours et les paroles se mêlent volontiers à la musique pour soutenir une danse expressive, douce et violente à la fois. Le corps se fait ici le porte-voix de tout un continent en quête d’un meilleur lendemain. Il exprime ses incertitudes, ses espoirs, ses maux, ses richesses, son avenir, ses Tourments. Il traduit aussi les pensées d’un homme visionnaire qui avait tout vu. « Violence morale et physique de ce que je suis …… Noir … un mot et un être chargé par son sens et son histoire. Aujourd’hui le vécu couvé de quelques années déjà de la dualité entre origine identitaire et évolution moderne face à un monde dit globalisé. Un vécu mêlé à celui de plusieurs générations noires rejaillit quotidiennement… et ça continue… J’invite la raison de la parole, des discours, des contes et légendes de ces générations qui ont traversé et vécu ces siècles à conter ces Légendes Noires pour qu’elles fassent écho avec le présent, le futur …. Tout simplement la recherche d’apaisement de cet être, de ses tourments intérieurs qui sont comme une transe. »




















